L’accès à la contraception en France et dans le monde
À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, faisons le point sur la contraception, ce droit fondamental dont la charge mentale repose encore largement sur les femmes.
Dates clés et histoire de la contraception
La contraception n’a pas toujours été un droit acquis et son accès a évolué depuis de nombreuses années :
- L’année 1960 marque la création du planning familial.
- 1967 : après la signature de la loi Neuwirth par le général de Gaulle, la prescription de la pilule contraceptive devient légale.
- Depuis 1974, la pilule est remboursée par la sécurité sociale grâce au projet de loi de Simone Veil pour libéraliser l’accès à ce moyen de contraception.
- En 1999, la pilule du lendemain devient disponible dans toutes les pharmacies, sans obligation d’ordonnance.
L'accès à la contraception en France
Vous connaissez sûrement la pilule et le préservatif, qui sont les moyens de contraception les plus répandus, mais connaissez-vous les autres dispositifs qui existent ?
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Dispositifs |
Caractéristiques |
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Dispositif intra-utérin (stérilet) |
Dispositif placé à l’intérieur de l’utérus par un médecin ou une sage-femme. Efficace durant 4 à 10 ans, selon le modèle. Il en existe 2 types : hormonal ou au cuivre. |
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Pilule |
Comprimé à prendre quotidiennement à heure régulière pendant 21 ou 28 jours |
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Patch |
À coller soi-même sur la peau 1 fois par semaine et à renouveler chaque semaine, pendant 3 semaines. Il n’y a pas de patch à coller la 4e semaine ce qui provoque ainsi l’apparition des règles. Permet d’être protégé même pendant la période d’arrêt. |
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Implant |
Bâtonnet cylindrique de 4 cm inséré sous la peau du bras, sous anesthésie locale par un médecin ou une sage-femme. Il peut être laissé en place pendant 3 ans. |
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Anneau vaginal |
Anneau souple à placer soi-même à l’intérieur du vagin, comme un tampon. Il doit être laissé en place pendant 3 semaines. Au début de la 4e semaine, l’anneau doit être enlevé provoquant ainsi l’apparition des règles. Permet d’être protégé même pendant la période d’arrêt. |
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Diaphragme et cape cervicale |
Coupelle en silicone à placer soi-même à l’intérieur du vagin. Il s’utilise associé à un produit spermicide. La cape est un dôme en silicone qui vient recouvrir le col de l’utérus. Ces dispositifs peuvent être posés au moment du rapport sexuel, mais aussi plusieurs heures avant et doivent être gardés pendant 8 heures après le rapport. |
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Préservatif externe « masculin » et interne « féminin » |
Le préservatif externe se place sur le pénis avant pénétration, tandis que le préservatif interne peut être mis en place à l’intérieur du vagin ou de l’anus plusieurs heures avant le rapport sexuel. |
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Spermicides |
Gel et ovule à placer à l’intérieur du vagin quelques minutes avant chaque rapport détruisant ainsi les spermatozoïdes. |
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Progestatifs injectables |
Injection intramusculaire réalisée tous les 3 mois par un médecin, une sage-femme ou un infirmer. |
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Contraception définitive |
Intervention chirurgicale chez l’homme (vasectomie) ou chez la femme (ligature des trompes). Ces méthodes sont considérées comme irréversibles. |
Le taux de remboursement dépend de chaque dispositif et de votre âge, pensez à vous renseigner auprès des professionnels de santé.
Source : service-public.gouv.fr
Pour rappel, les préservatifs externes “masculins” et internes “féminins” sont les seuls moyens contraceptifs qui protègent du VIH et de la plupart des infections sexuellement transmissibles (IST).
Si la contraception en France est largement remboursée et accessible, des freins subsistent et contraignent parfois son accès. Parmi ces freins, on peut retrouver les inégalités territoriales où par exemple les délais pour consulter des professionnels de santé sont plus longs en zone rurale.
Aujourd’hui, on peut aussi constater un manque d’informations claires et fiables sur les différents dispositifs qui existent, pouvant créer de la confusion. Sans compter les tabous autour de la santé sexuelle de manière plus générale, qui freinent les personnes à demander conseil, et notamment les jeunes.
L’accès à la contraception a évolué depuis des années bien que de nombreux freins persistent sur le terrain.
Les inégalités d'accès à la contraception dans le monde
Dans les années 1960, la pilule contraceptive est commercialisée aux États-Unis, en Australie, en Allemagne et en Grande-Bretagne. Depuis, l’accès à la contraception s’est progressivement développée dans le monde, mais de fortes inégalités continuent d’exister selon les pays et les contextes sociaux.
Les données mondiales révèlent des écarts importants en matière d’accès à la contraception et de droits reproductifs.
En effet, selon l’OMS, 874 millions de femmes dans le monde utilisent aujourd’hui des contraceptifs modernes lorsque 164 millions de femmes en âge de procréer n’ont pas accès aux méthodes de contraception dont elles ont besoin. Par exemple, la proportion des besoins non-satisfaits atteint 25% sur le continent africain, 13 % en Asie du Sud-Est , 10% en Europe, 8% dans les Amériques et 4% dans le Pacifique occidental.
Entre disparités géographiques et facteurs socio-économiques, l’accès à la contraception peut être encore plus précaire puisque chaque année, 74 millions de femmes vivant dans des pays à revenu faible ou intermédiaire connaissent une grossesse non désirée, entrainant ainsi 25 millions d’avortements pratiqués dans de mauvaises conditions, et 39 000 décès maternels par an.
Dans ce contexte, le rôle de structures d’information et d’accompagnement comme la planification familiale contribue fortement à l’accès à la contraception dans le monde et permet d’améliorer la santé publique. Grâce à cette organisation, 70 millions de femmes supplémentaires devraient bénéficier de l’accès au planning familial d’ici 2030, renforçant ainsi les systèmes de santé.
Vers une charge mentale contraceptive plus partagée
Bien que l’accès à la contraception ait évolué au fil des décennies, la charge mentale y étant liée repose largement sur les femmes.
Des évolutions et des recherches ouvrent la voie à un partage plus équilibré de la charge mentale contraceptive. Plusieurs dispositifs de contraception masculine sont aujourd’hui en développement. C’est notamment le cas de la pilule YCT-529 dont les résultats sont encourageants. Un gel hormonal est également en phase finale d’évaluation, et l’hydrogel ADAMTM est considéré comme une alternative prometteuse à la vasectomie. Avec ces avancées, 73% des hommes se déclarent favorables à l’adoption d’une méthode contraceptive moderne.
Au-delà d’un simple choix médical, c’est aussi une question de dialogue, d’information et de responsabilité partagée. Il faut continuer à informer, sensibiliser, briser les tabous et ouvrir les dialogues pour que la contraception soit l’affaire de tout le monde.


