Comment les filles entre 16 et 25 ans vivent leur sexualité en 2022 ?

par Terpan Terpan dansIntéressant 10/11/2022

Le Lab de l’Endo et Terpan Prevention se sont fixés comme objectif d’étudier ce point.

De l’orgasme au consentement, en passant par la prévention… les filles assument-elles aujourd’hui complètement leur anatomie et leur sexualité ou reste-t-il encore des sujets tabous ?

Voici les résultats de cette étude réalisée par Terpan Prévention, menée entre juin et juillet 2022 avec plus de 1000 répondantes de 16 à 25 ans

Le consentement, trop souvent négligé

Malgré les nombreux mouvements contre les violences sexuelles, le consentement reste encore de mise dans l’obscurité des chambres.

C’est le malheureux constat de l’étude sur la sexualité des femmes de 16 à 25 ans menée par Terpan Prévention. En effet elles sont plus de 20% à déclarer avoir connu une première fois sans consentement, sous contrainte ou menace et plus de 45% à avoir vécu un ou plusieurs rapport(s) non consenti(s) dans leur vie (cela représente une femme sur deux).

Le mythe de la première fois montré dans les films à l’eau de rose est très très loin de la réalité. Cela se confirme dans les chiffres puisque 93% des répondantes n’ont ressenti aucun plaisir lors de leur première fois. Pour cause : le stress, trop peu de préliminaires ou un partenaire trop brusque.

Ce qui est également grave, c’est que pour 52% d’entre elles, le rapport était surtout centré sur le plaisir de leur partenaire et non sur le leur et que pour 43% il était tourné sur du porno. N’oublions pas que 90% des scènes de porno contiennent de la violence (rapport du Sénat).

A la recherche du plaisir

Dans un rapport sexuel, le plaisir féminin est bien trop souvent secondaire. Dicté par un certain égoïsme masculin, elles sont seulement 26% à connaître un orgasme à chaque rapport. 24% déclarent n’avoir aucun orgasme avec leurs partenaire actuel(le). Parmi les raisons, entre autres des douleurs pendant le rapport.

Plus de 40% des répondantes déclarent avoir des douleurs vulvaires régulièrement et 18% ont cette sensation d’inconfort tout le temps. “Ces douleurs sont anormales quelle que soit leur nature. Comme les douleurs de règles, elles sont intériorisées par les femmes car la société a défini qu’il était normal pour une femme de souffrir “ le rappelle Floriane du Lab de l’Endo.

« Ce qui est fou, c’est qu’aujourd’hui on dénombre + de 27 000 études sur les problèmes érectiles contre – de 600 sur les douleurs vulvaires » conteste Floriane.

Ce type de douleurs, trop souvent négligé, peuvent pourtant indiquer des problèmes tels que des kystes ou des pathologies gynécologiques sérieuses. Comme exemple l’endométriose dont le diagnostic tombe, en moyenne, avec 7 ans de retard selon Santé.fr.

Mais ces douleurs ne sont pas toujours les seules causes de la difficulté à atteindre l’orgasme.

Plus de 57% des femmes interrogées reconnaissent être complexées par leurs corps (formes vergetures…) lors d’une relation sexuelle et 20% d’entre elles déclarent même que cela impacte sur leur jouissance. Pas surprenant puisque la société entretient des injonctions physiques et une sexualisation sur le corps des femmes depuis toujours (épilation intégrale, vulve parfaitement lisse, ventre plat, taille de guêpe…).  

« Cela pèse sur la confiance en soi […] même jusque dans leur intimité sexuelle, qui devrait être associée au plaisir et non à la performance physique. De quoi expliquer en partie le taux de dépression deux fois plus élevé chez les femmes, entre autres enjeux de santé publique. »

Les filles et la prévention

Concernant leur premier rapport sexuel, 15% des femmes disent qu’aucun des deux n’avait de préservatif avec lui. Plus inquiétant, pour les rapports suivants 42% n’en n’avaient pas.

Parmi elles, 60% utilisent la pilule, 13% le stérilet et 13% n’utilisent aucun moyen de contraception. Par ailleurs 84% connaissent le préservatif féminin mais ne l’ont jamais utilisé. Et pourtant ” Le préservatif féminin doit donner aux femmes des moyens de contrôle et de liberté, explique Terpan Prévention. “C’est un moyen incontestable de permettre à la femme de prendre sa prévention. La parité et l’égalité doivent s’exprimer à terme dans tous les pans de notre société, jusque dans l’intimité.

Faute de protection elles sont 53% à avoir, un jour, utilisé la contraception d’urgence.

Pourtant elles sont plus de 93% à confirmer être bien informées et sensibilisées sur les infections sexuellement transmissibles (IST). Mais 44% ne se sont pas fait vacciner contre le papillomavirus humain (PVH).

Règles et rapports sexuels, incompatibles pour 60% des femmes

Les menstruations longtemps considérées comme impures, pèsent aussi sur la sexualité puisque 60% des femmes se refusent ce plaisir, car elles estiment pour 31% d’entre elles que c’est dégoûtant et pour 14% c’est leur partenaire qui n’aime pas. Pourtant certaines études démontrent qu’avoir un rapport sexuel peut calmer les crampes musculaires.

 

Enfin pour conclure, les jeunes femmes entre 16 et 25 ans s’en donnent à cœur joie coté plaisir solitaire. Selon les chiffres, 92% des répondantes ont dit « oui » à la masturbation. C’est une forme d’indépendance sexuelle prometteuse. Mais avant d’arriver à une sexualité 100% épanouie, des efforts restent à faire.

Laisser une réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

    Panier